Conversation avec Thierry Reboul

    Portrait Thierry Reboul

    3e volet de nos interviews sur le thème de l’événementiel à Paris. Après Stéphane Fievet et Gad Weil, Thierry Reboul se prête au jeu des questions/réponses.

    Meet In : Ubi Bene fait partie des agences événementielles dont on a beaucoup parlé cette année, entre la candidature de Paris au Jeux de 2024, la tyrolienne, les courses de drones et le défilé de mode sur les Champs Élysées… Il n’est donc pas si compliqué d’occuper l’espace public ?

    Thierry Reboul : Je n’irai pas jusque là. Je garde notamment un souvenir ému des discussions et des démarches entreprises auprès de cinq administrations pour faire accepter le dossier des Journées Olympiques et plus particulièrement la piste flottante. Pour le seul fleuve, il nous a fallu travailler de concert avec trois administrations aux contraintes et au règlement spécifiques : Le port pour l’espace entre 0 et 24 mètres du bord, les Voies navigables de France pour l’espace restant, et l’État auxquelles il faut ajouter la Préfecture et bien sûr la Ville de Paris, qui était derrière nous. L’exercice reste donc assez compliqué, mais il est clair que la volonté politique pour soutenir le projet a été plus qu’un sésame et nous a permis de traverser la phase administrative. Reste ensuite l’envie des porteurs de projet de le transcender.

    Meet In : La remarque est-elle valable pour un projet autre qu’une candidature aux JO, notamment s’il s’agit d’une initiative privée ?

    Thierry Reboul : Bien sûr. Au-delà des Jeux, à Paris, le contexte est extrêmement favorable aux grands événements car la ville a pris conscience du potentiel de ces manifestations pour générer des images qui s’exportent, en offrant un plan média dans le monde entier qui peut remplacer n’importe quelle campagne publicitaire. Quoi qu’en disent les classiques observateurs du marché, il y a une plus grande avidité des villes en matière d’événements, mais elle est assortie d’exigences qui demandent plus d’efforts à fournir. Nos interlocuteurs sont très vigilants, mais aussi très constructifs. Les villes ont également compris envers et contre tout qu’il fallait animer l’espace public, ne serait-ce pour éviter que les gens s’y ennuient et ne décident eux mêmes de se divertir en animant leur quartier de façon moins plaisante, en dégradant le mobilier ou en se jetant des pierres. Elles sont demandeuses dès lors qu’elles jugent le projet porteur.

    Meet In : A quelques exceptions près, votre agence paraît étonnamment seule à opérer sur Paris pour les grandes manifestations, le fait de s’appeler Ubi Bene n’est-il pas aussi devenu un sésame auprès de la Ville ?

    Thierry Reboul : Chaque événement a fait l’objet d’un appel d’offres. Ce n’est pas parce que je m’appelle Ubi Bene que mes dossiers ont été retenus mais parce que, comme je l’ai dit, le bénéfice qu’il apporte à la ville et/ou ses habitants est à chaque fois clairement perceptible. Qu’il s’agisse d’un projet commandé par la Ville ou d’un projet réalisé pour le compte d’une marque, comme j’ai pu le faire pour Perrier sur la Tour Eiffel ou pour L’Oréal sur les Champs Élysées. Lorsque le commanditaire est une marque, il convient simplement de veiller à ce qu’elle ne soit pas la seule à bénéficier de l’événement, à ce qu’elle prenne en compte les besoins et les contraintes de la ville… ce que certains oublient peut-être parfois au moment de présenter le projet. Pour être complet, je pense en revanche que le fait de voir les instances techniques très régulièrement génère un a priori positif à l’égard de l’agence. Il nous permet également de développer notre expertise et notre connaissance des arcanes… qui sont très complexes.

    Meet In : Les attentats récents et la menace devenue permanente n’a-t-elle pas quand même une incidence sur l’activité événementielle à Paris plus qu’ailleurs ?

    Thierry Reboul : Je pense que les attentats font partie de ces moments qui nous poussent à nous transcender. Ils ont décuplé notre rage de faire encore, de faire plus fort. À l’exception de deux ou trois coups de mou, l’ambition a toujours existé et s’est maintenue au-delà du Bataclan. Souvenez-vous des mots de Stéphane Fievet (en charge des grands événements auprès de la maire de Paris, ndlr) à l’attention des professionnels de la filière en janvier 2016 lors de l’émission « L’événementiel en état d’urgence » : « Allez-y, bousculez nous ! » L’activité a repris car la seule solution était d’y retourner, c’est la sauvegarde de notre mode de vie qui était en jeu.

     

    • Valéry Pothain

      Journaliste

      Journaliste spécialiste des stratégies de marque et des médias, Valéry observe et analyse le secteur de l'événement depuis 1995.

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