Retrait du projet ExpoFrance 2025 : « et si on imaginait un France Festival 2026? »

    PORTRAIT FREDERIC BEDIN

    Bien que regrettable, l’annonce du retrait de la candidature de la France à l’Exposition universelle de 2025 pourrait être une belle opportunité de réinventer un nouveau modèle d’événement autour d’un consensus national, estime Frédéric Bedin, président du directoire d’Hopscotch Groupe.

    Meet-in : L’annonce du retrait de candidature du projet ExpoFrance 2025 par le Gouvernement ne brise-t-elle pas la belle dynamique événementielle créée, notamment, par l’obtention des JO ?

    Frédéric Bedin : Oui certainement, cela brise une chaine de succès qui intégrait la Ryder Cup, la Coupe du monde de rugby et bien sûr les Jeux olympiques. En plus de ces événements sportifs, il aurait été bien d’avoir un grand événement culturel, économique et sociétal tels que l’Exposition universelle. Il ne faut pas mettre les événements en concurrence. Les J.O. c’est bien pour le sport mais les mêmes publics peuvent aussi aimer l’économie et l’innovation.

    M.I : Comprenez-vous ceux qui disent qu’il « ne faut pas multiplier les grands événements comme ça » ? Au-delà de l’argument budgétaire, n’est-ce pas aussi une volonté de ne pas sur-solliciter les parties prenantes et notamment les populations ?

    F.B. : Au contraire, les populations sont demandeuses en termes de dynamisation de la vie sociale et économique.  C’est le rôle des politiques et des acteurs de la vie publique d’avoir une approche pour éditorialiser la vie du pays. Il faut que la création de contenus soit gérée, qu’il y ait des gros titres et pas de période creuse en termes de prise de paroles. C’est structurant au niveau d’un pays, d’un peuple et d’un territoire. On ne sur-sollicite pas, on donne un point focal.

    M.I : En tant que partenaire officiel de la candidature, quel a été l’engagement d’Hopscotch Groupe dans le projet ?

    F.B. : Nous sommes « partenaire conseil » de la candidature, au même titre que Deloitte et McKinsey. Nous conseillons depuis 18 mois Expo France et ses partenaires. Nous accompagnons la candidature dans la construction de ses relations et ses interactions avec ses publics, en France et à l’international. Nous étions en train de construire un plan de communication et de fabriquer des kits de communication pour les parties prenantes en fonction de leur propre personnalité et de leurs attentes.

    M.I : Le projet français ne surévaluait-il pas la fréquentation de l’exposition (cf. 45 à 60 millions de visiteurs) alors que l’Expo de Milan n’en avait mobilisée que 20 millions et que les J.O. auraient mécaniquement déjà attiré des visiteurs lointains ?

    F.B. : A la demande de Pascal Lamy, le point mort de la candidature de la France venait d’être évalué à 25 millions de visiteurs. Donc objectivement, s’il y a eu 20 millions de visiteurs pour l’Expo de Milan, l’estimation pour Paris était tout à fait réaliste.

    M.I : Qu’entendez-vous quand vous plaidez pour « réinventer un nouveau modèle d’exposition universelle » ?

    F.B. : J’entends que l’une des difficultés de cette candidature était de rentrer dans le cahier des charges de Bureau International des Expositions. Par loyauté envers ce dernier, Jean-Christophe Fromantin a voulu candidater dans les règles, mais il y a d’autres solutions. Les Suisses font par exemple une grande exposition qui a lieu une fois par génération avec une thématique décidée par eux-mêmes. La dernière s’est tenue en 2002. Ils ne demandent l’avis à personne et ils proposent au monde quelque chose de vraiment différent. Je pense que la France peut inventer quelque chose de nouveau. Est-ce qu’il faut encore appeler cela exposition quand les jeunes générations disent ne pas se retrouver dans ce vocable ? Je ne suis pas sûr. C’est peut-être l’occasion de mobiliser tout le pays autour d’un consensus national sans vouloir rentrer dans le cahier des charges du BIE qui a fait son temps. Il y a des projets extraordinaires en région qu’il faut pouvoir intégrer dans une proposition globale et innovante. On peut par exemple décider tous ensemble d’accueillir le monde en 2026, en fédérant tout le monde. Sans faire le choix des uns contre les autres. Pourquoi ne pas imaginer un « France festival 2026 », un festival imaginé et conçu par le pays tout entier pour accueillir le monde en 2026 ?

    Je comprends la priorité du gouvernement au redressement de nos finances publiques mais cela doit se faire sans brider pour autant la volonté entrepreneuriale et l’audace de la France.

     

     

    • Laurence Rousseau

      directrice de la rédaction

      Aux commandes de la marque Meet In depuis 2000, Laurence poursuit l'analyse de l'univers de la rencontre événementielle pour lui donner sa juste résonance médiatique.

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