«VivaTech 2021 se dessine non pas en fonction du Covid, mais pour les 5 années à venir» Julie Ranty, VivaTech

     

    VivaTech 2021, évolution des formats, scénarisation des contenus, présence des GAFA dans le paysage événementiel… On en parle avec Julie Ranty, directrice générale de VivaTech. 

    Meet In : Annulé en 2020 pour cause de Covid, VivaTech se tiendra en format hybride en juin 2021. Un modèle d’avenir pour les événements selon vous ?

    Julie Ranty : Nous sommes en effet convaincus que les événements seront désormais et pour longtemps enrichis d’une expérience digitale. Le digital va nous permettre d’engager les communautés tout au long de l’année, de toucher plus largement nos audiences en France comme à l’international. C’est le sens de l’histoire, mais nous sommes également convaincus que le digital ne remplacera jamais totalement le physique. La force du physique repose notamment sur la qualité des rencontres business que l’on peut nouer et sur leur taux de transformation. Notre KPI doit être clé, qui plus est dans un contexte de relance économique. Le ROI business de VivaTech, qui était déjà au cœur de notre promesse, sera d’autant plus attendu lors de l’édition 2021.

    « Je pense que le physique relève d’une part de sérendipité, de rencontres qui sont le fruit du hasard (…) »

    Je pense également que le physique relève d’une part de sérendipité, de rencontres qui sont le fruit du hasard mais qui souvent débouchent sur de belles opportunités. L’une de nos forces est de rassembler dans un même lieu des personnes qui jusqu’à présent n’avaient pas l’habitude de cohabiter. Elles y nouent de nouvelles pistes de partenariats grâce à une qualité des échanges. Enfin, dernier pilier de VivaTech, l’opportunité de découvrir des innovations qui est la première motivation de visites. Nous sommes donc convaincus qu’un événement impactant, inspirant et générant du business sera un événement qui marchera sur ses deux jambes, à la fois physique et digitale. Les contours de VivaTech 2021 se dessinent non pas en fonction du Covid, mais pour les 5 années à venir.

    Est-ce aussi une question de modèle économique, sachant que le business model du 100% digital n’est pas encore trouvé ?

    Effectivement cela implique beaucoup de nouvelles charges. Lors de notre création, nous avons contribué à renouveler les codes de l’événementiel, nous nous fixons donc aujourd’hui les mêmes ambitions sur le digital. Cela signifie faire beaucoup plus que d’avoir une simple plate-forme qui retransmet depuis un stand physique. Ne devons investir dans les outils, la qualité des contenus, sur le fond comme sur la forme. Mais ce qui compte aujourd’hui c’est bien la proposition de valeurs proposée à nos partenaires et visiteurs. Si elle est suffisamment forte et que la confiance et l’attente à l’égard de VivaTech sont présentes, nous arriverons à trouver un modèle économique ad-hoc, mais cela passe d’abord par une nouvelle prise de risque et des investissements consentis par VivaTech, avec le soutien de nos actionnaires Publicis Groupe et le groupe Les Echos-Le Parisien.

    Le challenge de l’audience est-il primordial, notamment pour internationaliser davantage l’événement et le rendre plus inclusif ?

    Rappelons qu’en 2019, VivaTech a accueilli 124 000 visiteurs dont 13 000 start-ups, mais nous avions une audience qui allait bien au-delà des « simples » visiteurs présents sur la Porte de Versailles. Le reach de l’événement est de 231 millions de personnes dans le monde qui ont été touché par du contenu VivaTech, 300 000 internautes qui se sont connectés au moins une fois durant les trois jours de l’event alors que jusqu’ici il y avait très peu de contenus accessibles on line. Il y a donc une énorme demande d’une communauté avide de contenus. Par ailleurs nous nouons des partenariats avec une quarantaine de médias internationaux et nos clients se font également relais de l’événement dans d’autres pays.

    Sur la notion d’inclusion, VivaTech est engagé depuis sa création pour favoriser une innovation au service du bien commun, qui permet de façonner une société et un business plus durables et plus justes, plus responsables et respectueux de l’environnement. Et bien sûr plus inclusif. Nous travaillons avec une vingtaine d’associations telles que Diversidays ou Social Builder, nous invitons leurs membres, proposons des ateliers de coaching, etc. Le digital va nous permettre d’aller un cran plus loin dans cette mission en offrant une accessibilité plus grande à nos contenus.

    « C’est un peu de notre responsabilité à tous d’essayer d’éclaircir l’avenir de la jeunesse. »

    J’ai été très marquée par la phrase du président Macron qui rappelait à l’occasion du reconfinement combien il n’était pas facile d’avoir 20 ans en 2020. C’est un peu de notre responsabilité à tous d’essayer d’éclaircir l’avenir de cette jeunesse. Et je suis persuadée que le digital et les nouvelles technologies peuvent leur permettre de se créer de nouvelles opportunités. Cela passe également pour mettre en lumière à l’occasion de VivaTech des roles models inspirants et qui ont réussi. Sans compter la Tech for Good qui demeure un sujet clé pour nous et dont les innovations seront présentées en avant-première lors de la prochaine édition.

    Que pensez-vous de l’annonce du CES qui s’associe avec Microsoft ? Les GAFA sont-ils un danger à terme pour les acteurs historiques ?

    Ce qui est sûr c’est que Microsoft bénéficie d’une excellente connaissance des usages on line et la marque est très bien placée pour évaluer et mesurer les interactions à distance. Ils l’ont d’ailleurs expérimenté sur leurs événements propriétaires avec un certain succès et nous sommes évidemment attentifs à ce qu’ils font. Après, demeure le savoir-faire autour de la production et l’animation de contenus, d’éditorialisation des sujets, de sourcing des projets et d’un maillage de réseaux qui est aujourd’hui notre métier. Je ne pense pas que la maitrise de la coquille technologique suffise demain à produire un grand événement. Ce sont deux métiers différents mais qui doivent se compléter et se nourrir mutuellement. Quant au CES, il n’avait pas d’autre choix que de passer en full digital compte tenu de son positionnement en janvier dans le calendrier événementiel.

    Est-ce que les innovations pour enrichir la qualité de l’expérience événementielle sont en progression ? Avez-vous vu des choses intéressantes dans le benchmark que vous réalisez ?

    Nous avons beaucoup regardé ce qu’il se faisait, y compris en dehors du secteur événementiel. Dans le domaine du sport par exemple, avec la F1 ou la NBA qui font vivre l’expérience de leurs courses ou de leurs matchs en proposant de l’interactivité ultra poussée, en s’appuyant également sur de la Data qui enrichie la compréhension des interactions ou encore dans le rendu et la mise en scène des contenus. Le ludique et la gamification sont inspirants pour nous et nous sommes en train d’étudier les supports technologiques et les plate-formes sur lesquels nous pourrions nous appuyer pour inventer de nouveaux formats. Même la convention démocrate lors de l’élection américaine nous a inspiré !

    « Il faut trouver un bon équilibre entre l’enrichissement des contenus et la lisibilité de l’expérience globale. »

    A date, il y a plusieurs pistes sur la table mais surtout nous souhaitons que les propositions de valeur soient bien lisibles et utiles. Il faut donc trouver un bon équilibre entre l’enrichissement des contenus et la lisibilité de l’expérience globale. C’est tout le challenge de VivaTech, avec un immense enjeu sur la personnalisation de l’expérience et la création d’émotions au travers du digital. Le succès de notre événement repose également sur un « univers VivaTech » que nous nous devons de préserver et de faire vivre également en digital.

    Ce qui nécessite notamment scénarisation et mise en rythme des contenus ?

    Nous sommes passés d’un métier de metteur en scène à la manière des professionnels du théâtre à celui de producteur d’émissions télévisuelles interactives et multicanales. C’est donc un véritable changement de paradigme. Le fait que nos contenus soient diffusés on line induit un changement des contenus en physique. Aujourd’hui, nous ne réfléchissons plus en termes de thématiques de conférences mais en termes de chaines de télé, en émissions à l’intérieur de ces chaines, avec des formats plus courts, un mix de contenus live et chauds et de contenus froids constitués de reportages par exemple. Ces derniers vont permettre d’aller plus loin que les talks live, à la manière des magazines TV. Enfin, sommes dans une logique d’interactivité plus poussée pour nous assurer de l’engagement réel des audiences on line. Il faut transformer le visiteur/téléspectateur en acteur du contenu en le faisant réagir et interagir. Tout ceci nécessite un calage millimétré pour éviter les points de friction et maintenir le rythme.

    Donc oui, nous regardons ce qu’il se fait à la télévision, sur les réseaux tels que Twitch avec le gaming. D’ailleurs, nous travaillons actuellement avec Intel et ESL Gaming pour produire une chaine dédiée à l’innovation dans le cadre du Grand Festival Gaming qui débute le 18 novembre.

    Nous allons donc nous inspirer des codes de la télévision, des réseaux sociaux, du gaming, du sport, et nous prendrons le meilleur de chacun des écosystèmes pour proposer une expérience VivaTech la plus enrichissante et surprenante possible. A nous de faire notre propre transformation digitale comme nous la prônons depuis des années auprès de nos partenaires et publics !

     

    Retrouvez également notre échange avec Julie Ranty sur le VivaTech Tour demain dans les colonnes de MyEventNetwork

    ©Olivier VIGERIE

    • Laurence Rousseau

      directrice de la rédaction

      Aux commandes de la marque Meet In depuis 2000, Laurence poursuit l'analyse de l'univers de la rencontre événementielle pour lui donner sa juste résonance médiatique.

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